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mercredi 6 août 2008

La Mutante 2

Depuis le premier épisode, elle a incontestablement muté : à présent elle traverse même les portes blindées au ralenti comme Super Jaimie. En revanche elle n'a toujours pas muté en actrice.

Tout commence dans l'espace. L'ambitieux réalisateur Peter Medak s'est visiblement mis dans la tête de révolutionner le genre : si d'habitude les vaisseaux spatiaux entrent dans le champ par le haut du cadre, lui filme le sien du dessus pour qu’il fasse plus petit. Il lui colle même un énorme sticker "Reebok" sur la carlingue. Par soucis de réalisme sans doute. A quand le vaisseau de l'espace William Saurin ?

"Aigle en approche" annonce l'astronaute en posant son engin sur le diorama figurant Mars. Ca vire ensuite assez vite gore car le thermos à échantillons martiens ramené à bord expulse une puissante diarrhée qui saute à la figure des gens.

De retour sur Terre, l'astronaute éclaboussé est saisi d'un priapisme destructeur doublé d'une éruption de cornichons lorsqu'il copule. Du coup il fait une dépression, comme il dit à son père. Les dames honorées par le cosmonaute légumineux sont aussitôt prises de violentes crises d'aérophagie galopante qui conduisent à l'éclatement de l'abdomen (en étoile, c'est plus propre) puis à l'enfantement de petits gars bien d'chez nous. Mais ce sont en fait des aliens qui se regroupent dans une buanderie pour se transformer en pelotes de laine mouillée. Heureusement les scientifiques malins comme tout ont rapidement compris qu'en leur vaporisant de l'adn humain avec des gros extincteurs en inox, les cocons se mettaient à tousser.

Pendant ce temps les 2 martiens recommencent à copuler, vu que la mutante est plutôt chaude dans son aquarium à force de mater Cours Après moi Sheriff à la télé (véridique). Lui il reste en Jeans parce que faut pas pousser. Bref, ils finissent par se transformer en créatures improbables mais joliment rehaussées de marqueterie Louis XV. C'est assez chic.

Finalement tout est bien qui finit bien, le cosmonaute obsédé meurt et la gentille alien devient toute raide (ok la différence n’est pas flagrante). Mais au dernier moment, elle se met aussi à avoir des gaz dans l'ambulance. Heureusement elle est toute seule et elle peut péter tranquille.

samedi 2 août 2008

Les Dents de la Mer 4

Attention, cette fois c'est vaguement surnaturel, brrrr...
En fait la production fait comme si le précédent épisode n'avait jamais existé et l'on ne peut raisonnablement pas leur en vouloir. Peut-être même que cela justifie le sous-titre "La Revanche". Retour donc des fils Brody au complet avec en bonus maman Brody, la vraie, Lorraine Gary en personne cette fois affublée de spectaculaires lunettes pare-brise façon Michel Serrault dans La Cage aux Folles. Seulement là elle se met résolument à débloquer, persuadée que LE requin la poursuit elle et sa famille (peu importe que les bestioles meurent à chaque film puisqu'elle débloque).

On découvre donc que la veuve possède une sorte de 6eme sens qui la connecte au requin. Requin qui a la bonne idée de venir lui bouffer son plus jeune fils, Shaun (oui, encore lui). Passons sur l'attaque elle-même ainsi que sur les infâmes stock-shots du premier film réinjectés façon sépia ou le portrait de Roy Sheider bien en évidence dans le commissariat. Car papa Brody n'est plus là (pas fou, Roy).

Dialogue tendu chez les Brody :
Maman : "Mike, le requin en veut à notre famille, il a tué ton père et ton frère je ne veux plus que tu t'approches de la mer !" (ça tombe plutôt mal, le rejeton fait des recherches sous-marines)
Mike : "Mais Papa est mort d'une crise cardiaque !"
Maman : "Il est mort de peur à cause du requin !" (ou en lisant le scénario ?)

Sur ce, tout le monde part pour les Bahamas rejoindre Michael Caine qui est obligé de se dandiner avec Zaza Napoli durant un affolant défilé folklorique tandis que Mike étudie les conques femelles avec le Noir de service évidemment tout en décontraction et déconnade. C'est Mario Van Peebles qui s'y colle.
Soyons clair, à ce point du film il ne se passe tellement rien que les attaques du requin sont principalement constituées de rêves. Puis nos deux scientifiques tombent enfin sur le requin, lui colle une sonde au cul qui fait boum boum. Du coup la bête se rappelle pourquoi elle est là et fait ce qu'on attend d'elle en attaquant enfin des gens en vrai, à la plage et tout.

Soudain tout s'accélère : Zaza pique le bateau de son fils et part au large ce qui au passage est impossible puisque son fils se trouve simultanément dessus ailleurs (!). Arrivée au milieu de nulle part, elle lance : " Viens fumier".

Pendant ce temps, son fils et son copain partent en avion avec Michael Caine qui décide subitement de se poser sur l'eau à côté du bateau sur lequel le requin commence à grimper (!!). Là il réalise enfin qu'il ne s'agissait pas d'un hydravion et que l'engin flotte plutôt mal. Sauve qui peut !
Mario, toujours à l'affût d'une bonne vanne, dit : "Les pulsions magnétiques de l'avion vont attirer le requin !" Pas contrariante, la bestiole fonce direct sur l'épave qui coule illico avec Michael Caine dedans. Les deux autres nagent jusqu'au bateau qui étrangement prend l'eau aussi. Là ils retrouvent Michael Caine mystérieusement accroché à la rambarde. Un peu surpris quand même, l'un de nos héros demande :
- Ah mais vous êtes vivant, comment avez vous fait ?? (oui c'est vrai ça, comment ?)
- Ca n'a pas été facile, je vous assure." (Ok)

Puis Mario, décidément plein de ressources, fabrique vite fait une chaise électrique portable pour électrocuter le requin. Malheureusement il se fait boulotter. Mais le requin insiste et finit par s'empaler tout seul sur le mat de proue et explose. A ce rythme-là dans un 5eme film il mutait en poisson volant chargé au plutonium. Coup de théâtre final : Mario-rigolo est vivant aussi et tout le monde se retrouve à barboter dans une hideuse piscine devant un fond peint qui sent le truc tourné en catastrophe après une première projo test.

Une mention au passage pour le musicien qui a eu la bonne idée d'ajouter aux percutants violoncelles de John Williams un son particulièrement stressant : des clochettes.

dimanche 27 juillet 2008

Star Trek Nemesis

A la suite d'un improbable et lacrymal banquet de mariage planté devant un fond peint figurant une planète exotique mauve, l'équipage de l'Enterprise reçoit un appel aussi mystérieux que robotique en provenance d'une planète lointaine.
Sur place, ils tombent sur un robot éparpillé dans le désert californien filmé derrière un verre de Ray Ban. Évidemment c'est un piège et ils se font bien vite alpaguer par un étrange vaisseau invisible conduit par un p'tit con chauve et migraineux qui tient absolument à devenir maître de l'univers et faire exploser la Terre. Surprise à tous les étages, on n’avait jamais vu ça.

Non content d'être habillé lamé façon mouche à boeuf, notre Napoléon du cosmos se trouve aussi être le clone du Pr Xavier, pardon, de Jean-Luc Picard qui comme chacun le sait remplace Kirk aux commandes de l'Entreprise. Une étrange relation s'établit alors entre les 2 clones leur permettant de déclamer tout un tas de dialogues soporifiques et parfaitement inutiles nous rappelant que l'on est bien dans Star Trek.

Tout cela devient un peu plus confus encore lorsque des Romuliens (habitants de Romulus, planète jumelle et ennemie de Rémus dont est originaire le Méchant, bien qu'il soit humain, vous suivez ?) qui avaient pris parti pour le dictateur cloné retournent leurs toges pour s'allier à l'Enterprise. Mais le Méchant possède une arme secrète : le Thanaton ! Un truc super puissant et complètement meurtrier, tellement nouveau que personne ne comprend exactement de quoi il s'agit. Mais c'est vert, ça s'allume et il faut déployer les ailes pour le lancer. L'essentiel étant qu' ils ont bien les jetons sur la soupière volante.

A court de munitions et de monologues pontifiants, Picard sort de son fauteuil et lance le vaisseau en choc frontal sur l'ennemi invisible qui ne l'est plus, tandis qu'une terrible bagarre oppose un varan humain en casque intégral et un membre boudiné de l'Enterprise (pléonasme) dans un couloir vertical. C'est terrible, ils font des roulades et tout.

Après un vrai merdier de téléportations croisées et de projections holographiques mentales (sic), le Méchant essaie de peloter la rombière télépathe de l'Enterprise, c'est dire s'il a pété un plomb. Heureusement le gentil robot souffrant de déficience hépatique se sacrifie, sauve le Captain Igloo et fait tout péter.

Au passage on remarque que malgré le progrès des effets spéciaux, l'Enterprise et les autres vaisseaux star trekiens sont toujours aussi bidons, que les mecs continuent de guerroyer dans des fauteuils de PDG et en uniformes Daxon soigneusement conçus pour seniors : larges épaulettes en mousse gris clair et tout le reste en noir ce qui, avouons-le, est bien avantageux passé un certain âge. Star Trek, c'est la Côte d'Azur dans l'espace : pyramide des âges effrayante, on y parle du bon vieux temps, on boit des canons Château Picard (véridique) et on conduit en fauteuil Everstyl.

jeudi 24 juillet 2008

Catwoman

Dès le générique façon hiéroglyphes, on devine le salmigondis mystico-égypto-machinchouette qui va suivre avec grimoire, chat magique et tout le toutim. Bingo.

Pauvre chat qui passe allègrement d'un bon vieux matou à une redoutable créature en 3D très approximative. La scène "clef" durant laquelle la bestiole en chewing-gum souffle son haleine verdâtre dans la figure de Halle Berry sur fond de décharge vaut incontestablement le détour.

D'ailleurs la 3D est omniprésente et très mal venue, même Sharon Stone est retouchée numériquement dans presque tous les plans comme Johnny Depp dans Charlie et la Chocolaterie. Il faut un moment d'adaptation, car entre la retouche numérique et les paupières refaites, on a du mal à l'identifier. Heureusement elle tord la bouche pour faire la méchante et du coup on reconnaît bien son registre et demi de comédienne. Comme d'habitude, Sharon Stone ne fait rien et elle ne le fait pas très bien.

Halle Berry n'est pas en reste et joue extrêmement mal. Elle en fait des tonnes, particulièrement dans la première partie où elle fait la gourde. A sa décharge, il faut admettre que la scène où elle est censée être envoûtée par une boulette d'herbe à chat qu'elle se roule frénétiquement sur le visage n'est pas forcement le truc le plus facile à interpréter. Le prince charmant de service est transparent et seul Lambert Wilson joue un peu dans ce film, mais pas longtemps.

Passons sur l'intrigue poussive à base de cosmétiques empoisonnés dont on ne verra jamais les effets à part sur une photo, ainsi que sur la scène de cambriolage totalement parachutée durant laquelle Catwoman se livre aux exercices imposés de fouet, de miaoow et de cascades Nintendo où même la fumée des flingues est en 3D. Les fous sont lâchés, Michelle revient !
Quand à la grotesque et non moins gratuite scène de basket des rues sur fond de RnB, elle rendrait presque les 4 Fantastiques inspirés.

Le tout est inévitablement rehaussé d'un somptueux montage épileptique, procédé de sauvetage utilisé sans doute par un monteur médusé à la vision des bobines originales. Du coup le film ne tient pas éveillé par l'intrigue mais par le mal de crâne qu'il colle au bout d'une demi-heure.

A sa manière ce film est presque pédagogique dans sa manière de collectionner à chaque minute un mauvais choix. Du coup le calamiteux costume passe presque inaperçu dans ce best of ... boulettes.

mardi 22 juillet 2008

The Cell

On imagine assez bien le réalisateur vendre son projet au producteur façon The Player : "hé, tu vois ça serait un truc qui mixerait le Silence des Agneaux, Freddy Krueger et un clip de Madonna, ça serait du tonnerre, on pourrait même mettre des bouts de Peter Greenaway dedans". Seulement le gars il est tellement émoustillé par les propositions de son talentueux directeur artistique qu'il en oublie d'engager une actrice et il se retrouve avec Jennifer Lopez à la place.

Pour la peine il l'envoie dans le désert habillée en Mistinguett pour discuter avec un petit garçon qui refuse de monter dans un bateau ensablé (pas fou le môme). Un peu agacée, elle appuie sur un bout de scotch collé sur sa main et se réveille dans un costume en viande hachée avec un mouchoir électronique sur la figure. En fait c'est une machine à voyager dans les esprits. Enfin c’est eux qui le disent...

Pendant ce temps ailleurs on joue donc Le Silence des Agneaux sauf que là le méchant est aquariophile et non pas entomologiste. Mais il kidnappe et assassine des jeunes filles quand même. Un peu balot sur les bords, il finit par se faire chopper.

D’expériences audacieuses en tests divers, Jlo se retrouve bien vite dans le monde mental du méchant. Et là on oublie le reste pour apprécier le voyage car c’est esthétiquement très maîtrisé et tout à fait jubilatoire dans le registre baroque barré. Même Jlo en est tout étonnée. Du coup elle tente de jouer des émotions mais elle n'y arrive pas la pauvre. Peu importe, l’intérêt est ailleurs et l'on se dit qu’au service d’un scénario moins paresseux ce film aurait pu être un petit bijou.

Bref, on revient bien vite à la réalité car tout finit plutôt bien dans notre bon vieux monde réel où le méchant meurt dans son bassin à poisson. Le détective tente le coup avec Jlo mais ça ne marche pas. Finalement elle se tire avec le chien du meurtrier.

lundi 21 juillet 2008

Les Dents de la Mer 3

Dès les premières images, on se croirait dans un épisode des Drôles de Dames, c'est dire si l'image est soignée. Le musicien de service s'applique lui à massacrer le célèbre thème de John Williams dès la première attaque du bibendum. Enfin "attaque" est un bien grand mot puisqu'il s'agit plutôt d'une succession de plans incompréhensibles et vaguement accélérés au montage, effet désespéré qui sera d'ailleurs utilisé à plusieurs reprises par la suite.

Le générique nous annonce pompeusement "Jaws 3D" car le film était à l'origine en relief, procédé approximatif et surtout éprouvant. Si vous n'avez jamais eu la sensation qu'on vous scie le crâne en 2, essayez les lunettes bicolores pendant 90 minutes, vous m'en direz des nouvelles.

On fait bien vite la connaissance de tout un tas de personnages en short qui papillonnent autour d'un fabuleux parc d'attractions sous-marin royalement peuplé de 2 dauphins et d'une orque. Ils n'arrêtent pas de proclamer que c'est unique au monde. Allez, on joue le jeu et l'on essaie de les croire. En fait l'astuce principale du scénario consiste à ce que deux des personnages soient les fils du célèbre Sheriff Brody, celui-là même qui éparpillait la bête du premier film. Ils comprennent donc assez vite qu'il y a à nouveau un requin dans le potage. Mais attention, comme on ne fait pas les choses à moitié, en fait là il y en a deux. Mais chut c'est une surprise.

Le premier requin meurt assez rapidement dans une piscine gonflable, et ce malgré le brevet de secouriste de l'héroïne. Héroïne qui se met ensuite à hurler comme une folle qu'il y a la maman du requin mort dans le lagon. Effectivement la maman flotte bien entre deux eaux en foutant un merdier noir parmi les brushings figurants. Pourtant elle n'est pas très vive la grosse truite. Les attaques sont tellement poussives et mal filmées qu'on en vient à attendre fébrilement les scènes de dialogues pour avoir l'impression qu'il se passe quelque chose.

Arrive enfin l'un des morceaux de bravoure : la vision en subjectif d'un plongeur se faisant avaler goulûment par la bouée grisâtre. Toute ragaillardie par sa trouvaille, elle se met aussitôt à percuter les couloirs sous-marins du parc pour affoler les visiteurs déjà passablement énervés par tout un tas de tentacules en plastique qui surgissent vers l'écran (relief oblige).

A bout de nerfs, la dame squale fonce finalement sur la vitrine principale de l'aquarium produisant ainsi le plan truqué le plus foireux que l'on puisse imaginer mais sur lequel le réalisateur (rendu sans doute aveugle par ses lunettes rouges et vertes) s'attarde pourtant comme un fou. Las, le requin fait que qu’on attendait de lui : il explose en projetant pleins de petits morceaux de pâte à modeler vers le spectateur médusé par tant de nullité.