dimanche 27 juillet 2008

Sunshine

Un scénario très classique qui brasse avec bonheur plusieurs grands thèmes de la SF, sans génie mais avec un sens de la mise en scène étourdissant et tout à fait jouissif. Danny Boyle réédite donc là l'exploit de son renversant 28 Jours Plus Tard mais appliqué cette fois à la science-fiction.

Cette fois encore, l'auteur évite l'alibi "humour+clin d'oeil" si souvent de rigueur lorsqu’on n'a pas d'idée originale et que l'on tient à marquer sa distance pour cacher un manque de talent. Non, ici on fait les choses en respectant le genre que l’on entend illustrer, et on le fait bien. Du film de genre pris au sérieux, j'adore.

Jamais frime et sans virtuosité appuyée, Doyle livre une réalisation inspirée, inventive et classieuse, exploitant au mieux un décor pourtant déjà mille fois utilisé. Ce petit équipage de scientifiques aux commandes d'un gigantesque vaisseau chargé d'une cargaison atomique destinée à rallumer un soleil moribond rappelle évidemment le cadre d'Alien ou même 2001 l'Odyssée de l'Espace pour ne citer que les plus célèbres. Mais Doyle parvient à insuffler une émotion et une tension bien à lui en brossant des personnages souvent émouvants bien que très typés.
Plusieurs très beaux moments magiques ponctuent le film, souvent liés à la fascination parfois morbide des personnages envers le soleil à mesure qu'ils s'en rapprochent, scènes magnifiées par une musique bouleversante de John Murphy et des images somptueuses de l'espace.

On pourra déplorer une ou 2 facilités de scénario ou dénoncer le côté "invraisemblable" de l'aventure en elle-même - aller rallumer le soleil – voire regretter l’absence d’idée réellement originale durant le dernier quart du film qui laisse un petit goût d’inachevé. Mais on aurait tort de bouder le frisson que nous offre là un Danny Boyle en grande forme. Entre le Solaris de Soderbergh et Event Horizon, l'anti Armageddon absolu.

4 commentaires:

zoyd a dit…

A part la fin décevante parce que très classique, ce film m'a soufflé : magnifique visuellement, émouvant. Un mix réussi entre l'intrigue "intimiste" - une petite équipe de scientifiques en huis-clos - et grandes échappées stellaires. Jamais gnangnan malgré le propos "le monde est malade". Jamais manichéen non plus côté personnages.

El Marco a dit…

vu aujourd'hui et vraiment très beau film, visuellement époustouflant et les personnages bien campés. Si en effet certaines ficelles narratives ne sont pas toujours abouties ou ne s'emboîtent pas très bien avec le reste il faut reconnaître que Boyle a relevé un sacré pari en réalisant un vrai film de SF, suffisamment sérieux dans son traitement et également enclin à un certain onirisme plutôt bien véhiculé par les personnages.

RobbyMovies a dit…

Farpaitement. :D

Anonyme a dit…

je suis bien plus mitigé. Malgré de nombreuses réussites, là où le film échoue à mon sens, c'est d'abord dans le casting teenage qui enlève une bonne part de crédibilité à l'aventure. Youhou j'ai 25 ans et je suis membre d'un équipage de moyenne d'age de 30 ans et on va sauver la terre .... top cool .. non désolé ça passe très mal, même si c'est joué correctement

Enfin l'intrigue est plombée en passant du thriller mystique prometteur à un slash movie qui casse tout le plaisir (naif certe) de révélations tant attendues.

Enfin pour rire, outre les mouvements du vaisseau allant à vitesse accélérée et cassant toute crédibilité spatiale (la phase d'approche entre les deux vaisseaux semblerait presque issue d'un star wars frénétique là où la fragilité de la structure méritait un mouvement lent et hésitant à la 2010), il faudra m'expliquer comment on pourrait ne serait-ce que croire 1 seconde qu'il y aurait un manque d'oxygène en quelques heures dans un vaisseau où le volume d'air (respirable) de la chambre de la bombe pourrait contenir l'équivalent de la grande arche de la défense, voire plus... de qui se fout-on ? Ce genre de bourde est lamentable et casse toute ce qui fait la force de ce genre de film: la fragile crédibilité.
2010 (que je compare ici car je trouve qu'il s'en rapproche sur la forme) bien que très poussif et naif, est à ce niveau bien plus réussi.

Dommage car ce genre de fautes c'est comme le cheveu (ou le poil) dans la bonne soupe